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dimanche 20 décembre 2009

Cheikh El Hasnaoui l'avait dit : La Maison Blanche (traduction)



Vidéo réalisée par RaiseDZ auquel je tiens juste à préciser que je ne suis pas "amoureux" de Cheikh El Hasnaoui, je suis juste un admirateur du grand Maître, étant donné que mon amour est exclusivement réservé à ma femme : Taninna.

lundi 9 novembre 2009

Publication : Un livre sur El-Hasnaoui

Lhesnawi d’Ccix (El Hasnaoui, le maître) est un livre qui vient d’être publié, à compte d’auteur, par Ajgu Abelqas. Cette publication est un recueil des textes chantés par le chantre de l’exil, Cheikh El Hasnaoui.

L’auteur a essayé, au fil des pages, de remettre au goût du jour l’œuvre de l’artiste décédé, pour rappel, en 2002, à l’âge de 92 ans, dans l’île de La Réunion. Dans cet ouvrage, l’on peut lire les textes, en kabyle, traduits en français, qui ont marqué l’itinéraire d’El Hasnaoui, à l’image de "La Maison blanche", "Sani ? Sani ?", "Inithas Madyas", "Fadhma" et "Ijah Arayis".

« Cet ouvrage est le fruit d’un travail de recherche minutieux, de plus de deux ans, autour de l’œuvre de cheikh El Hasnaoui. Nous le voulons comme travail non exclusif et non exhaustif, un essai de transcription et de traduction des chansons du grand maître », lit-on dans l’avant-propos du livre.

Selon l’auteur, le répertoire d’El Hasnaoui est composé de 74 chansons, dont 37 en langue berbère et 37 en arabe. « Nous avons essayé de rassembler toutes les chansons, en langue kabyle, dans un premier temps, disponibles à la vente aussi bien en Algérie qu’en France, au nombre de 34 dont certaines en plusieurs versions. La transcription des chansons a été réalisée selon les dernières recommandations liées à l’écriture de la langue amazighe. Nous avons privilégié le sens », ajoute l’auteur.

Par H. Azzouzi

El Watan du 09 11 2009

lundi 2 novembre 2009

« Lḥesnawi d Ccix » disponible dans les librairies de Tizi-Ouzou, de Bgayet et d'Alger

L’ouvrage « Lḥesnawi d Ccix » (El-Hasnaoui, le Maître) édité en Algérie, à l’occasion du colloque scientifique sur la vie et l’œuvre de Cheikh El Hasnaoui en juin 2009, est disponibles dans les librairies de Tizi-Ouzou et de Bgayet.

Le livre composé de 240 pages contenant une notice biographique, les textes kabyles et leur traduction en langue française, une rubrique « annexes » où on pourra trouver la discographie du Maître, une iconographie riche et inédite ainsi qu’une lettre de sa femme encore en vie.

Librairies de Tizi-Ouzou

Librairie Cheikh
19, Rue Abane Ramdane
Tizi Ouzou

Librairie : AHOUIDH
Avenue du Colonel Mellah
Artisanat
Tizi-Ouzou

Librairie : CAMPUS
Sortie SUD Université M.M.T.O
Nouvelle-ville, Tizi-Ouzou

Messagerie du Centre
Coop. immo. "Echahid"
Nouvelle-ville, Tizi-Ouzou

Marché du Livre
Siège du RCD
Bâtiment bleu, Tizi-Ouzou

Librairies de Bgayet

Librairie El-Istiqama
1 - Cité 1000 Logts.
(À côté de la mosquée)
2 - Rue de la Liberté
(À côté de l’ACTEL)
Bgayet - Béjaïa

Librairie Gouraya
12, Rue de la Liberté
Bgayet - Béjaïa

Librairie de la Soummam
5, Rue Rachid Hassisse
Bgayet - Béjaïa

Librairie Arc-En-Ciel
28, Rue Larbi Ben Mhidi
Bgayet - Béjaïa

Librairies d'Alger

Librairie des Beaux Arts
28, Rue Didouche Mourad
Alger

Librairie El-Khartassia
01, Bvd. du Colonel Amirouche
Alger

jeudi 22 octobre 2009

Ajgu ABELQAS : « Les œuvres de Cheikh El Hasnaoui sont et resteront des références pour la chanson kabyle »

Coordinateur du 1er colloque scientifique sur Cheikh El Hasnaoui, qui a eu lieu du 20 au 22 juin 2009 à Tizi-Ouzou et auteur d’un livre sur le même personnage intitulé « Lḥesnawi d Ccix » (El-Hasnaoui, le maître), Ajgu ABELQAS revient avec nous, à travers cet entretien, sur cette rencontre, sa publication ainsi que sur d’autres sujets ayant trait à Cheikh El Hasnaoui.

Fin juin 2009, le « 1er colloque scientifique » sur Cheikh El Hasnaoui et son oeuvre musicale s’est tenu à Tizi-Ouzou à l’initiative de l’Association Culturelle Issegman. En tant que coordinateur de cette activité, pouvez-vous nous expliquer le pourquoi d’un tel intérêt ?


De tradition, les associations culturelles de Kabylie rendent hommage aux personnalités culturelles, artistiques et historiques de leurs régions respectives. Nous, à l’Association Culturelle Issegman, avions axé notre travail de mémoire sur la personne de Cheikh El Hasnaoui, digne représentant de notre région : Ihesnawen, c’est ainsi que nous avons inclus dans nos différents plans de charge annuels une activité qui lui est dédiée.

Notre première expérience remonte à l’année 2006 où nous avions organisé, en collaboration avec une autre association, le premier hommage au grand Maître au niveau de la Maison de la Culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou. Pendant les années suivantes (2007, 2008), nous avons opté pour des activités au niveau de notre région avec la ferme intention d’organiser plus tard une activité de grande envergure.

Comment a été préparée et comment s’est déroulée cette rencontre ?

Une fois l’idée d’organiser un colloque scientifique pour l’année en cours fut adoptée au niveau de l’assemblée générale de notre association, une commission de préparation a été installée. Celle-ci a eu une première réunion de travail fin 2008 et il a été décidé de mettre en place un « Comité scientifique ». En janvier 2009, celui-ci s’est réunit au cours d’une séance de travail où a été rédigé l’appel à communication qui a été aussitôt lancé et repris pas la majorité des organes d’information (papier et Internet).

Nous avons commencé à recevoir des propositions de communication une semaine après avoir mis en ligne l’appel à communication, c’est M. Ali Chibani, doctorant à la Sorbonne qui a été le premier à y répondre et à proposer une communication intitulée : « El-Hasnaoui dans le feu d’un amour fou », puis, nous avons reçu six (06) autres communications aussi intéressantes les unes que les autres de la part de : M. Abdenour Abdesslam, M. Saïd Chemakh, M. Menouar Aït Oumeziane, Mme Farida Aït Ferroukh et notre ami amazigh du Maroc : M. Lhoucine Lgholb.

Au départ, nous avions programmé le déroulement du colloque pour le mois de mai, mais vu que nous n’avions pas réunis les moyens de le tenir, nous avons décidé de le reporter au mois de juin. Ainsi, nous avons pu rattraper le retard et le colloque s’est tenu du 20 au 22 juin 2009 à la Maison de la Culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou et ce fut assez réussi sur tous les plans.

À noter que nous avons dû « dissoudre » le « Comité scientifique » et nous en tenir juste aux personnes qui ont effectivement présenté des communications, il était inconcevable que des personnes qui n’avaient pas de travaux à présenter au sujet du grand Maître prennent part à la constitution du « Comité scientifique » du même colloque, nous renouvelons nos excuses aux personnes qui se sentent encore lésées !

À l’occasion du colloque, vous avez édité un livre intitulé : Lḥesnawi d Ccix (El-Hasnaoui, le maître). L’ouvrage, qui se veut « un essai de transcription et de traduction des chansons du grand Maître », s’ajoute à ceux déjà écrit sur le même personnage d’El Hasnaoui et de sa musique. Qu’apportez-vous de nouveau à ce qui a été déjà dit par d’autres à l’image de M. Rachid Mokhtari (Cheikh El Hasnaoui : la voix de l’errance) et de M. Mehenna Mahfoufi (Cheikh El Hasnaoui : Chanteur algérien moraliste et libertaire) ?

M. Rachid Mokhtari a eu le mérite de défricher le terrain et a été un des rares auteurs à avoir écrit sur Cheikh El Hasnaoui, mais son ouvrage reste « approximatif » et loin de coller à la réalité. M. Mehenna Mahfoufi a un très grand mérite car il est une des très rares personnes à avoir rencontrer le grand Maître avant qu’il ne décède en 2002. Heureusement pour nous, il en aura profiter pour glaner pas mal d’information auprès de lui afin de nous les transmettre, son dernier ouvrage : « Cheikh El Hasnaoui : Chanteur algérien moraliste et libertaire » est édifiant et a beaucoup servi dans mes recherches.

Mon ouvrage contient une notice biographique qui lève le voile sur certains aspects de la vie du grand Maître non évoqués par les ouvrages cités précédemment. Il contient aussi tous les textes kabyles de Cheikh El Hasnaoui ainsi que leur traduction en langue française. La rubrique « annexes » du livre, quand à elle, contient toute la discographie du Maître, une iconographie riche avec des éléments inédits ainsi qu’une lettre de madame Denise Khelouat, la veuve de Cheikh El Hasnaoui, adressée aux organisateurs du colloque.

Dans l’avant-propos, vous notez : « Nous avons essayé de regrouper toutes les chansons, en langue kabyle dans un premier temps (…) ». Pourquoi avoir pris le parti de ne transcrire que les textes kabyles de Cheikh El Hasnaoui au détriment des ceux écrits et chantés en arabe populaire ?

Nous assurons que nous n’avons aucun parti pris à ce sujet et qu’il n’est nullement question de « ségrégation » ou de « négligence » vis-à-vis de l’œuvre en arabe populaire du grand Maître. Il faut savoir que le travail sur les trente-quatre (34) chansons en langue kabyle de Cheikh El Hasnaoui, dont certaines existent en plusieurs versions, nous a pris pas moins de deux ans. Il y va sans dire que nous comptons réaliser le même travail autour des chansons en arabe populaire dès que possible.

Le 23 juillet 2010, El-Hasnaoui aurait eu cent ans s’il avait vécu. Y a-t-il une activité particulière en préparation pour marquer le centenaire de la naissance du grand Maître ?

Nous avons initié lors de la dernière journée du 1er colloque scientifique sur Cheikh El Hasnaoui un débat autour de la création d’une « Fondation Cheikh El Hasnaoui » afin que celle-ci commémore, comme il se doit, le centenaire de la naissance du grand Maître. Nous avons vu ces dernières semaines dans la presse qu’une initiative dans ce sens a été initiée, sans pour autant que notre association ou nous en tant qu’individus soyons associés. Nous espérons que cette « structure » soit viable et qu’elle permette une large concertation afin qu’il soit mis en place des activités digne du grand artiste qu’est Cheikh El Hasnaoui. Ce n’est pas tous les jours qu’on commémore le centenaire d’une telle personnalité, celle-ci si elle devait avoir lieu ne doit surtout pas faire dans le folklorique, ni dans la récupération politicienne et devra toucher l’Algérie et la France voir tous les lieux où le grand Maître est passé.

Décédé le 23 juillet 2002, à l’âge de 92 ans, El-Hasnaoui est enterré à Saint-Pierre de la Réunion « conformément à ses vœux ». Est-il question aujourd’hui de rapatrier sa dépouille ?

Au lendemain de la mort du grand Maître, la question fut posée, elle s’est par la suite transformée en polémique. Même si à l’origine elle est, peut-être, partie d’un bon sentiment –qui ne veut pas voir Cheikh El Hasnaoui enterré en Kabylie ?– il faut définitivement tiré un trait sur cette idée !

Vous l’avez vous-mêmes dit dans votre question : « Conformément à ses vœux », alors respectons les dernières volontés de ce grand homme. Pour ma part, j’estime que c’est un personnage qui ne fait rien sans conviction ou « par hasard », alors si tel est son souhait pourquoi voudrions-nous aller à son encontre ?

Durant cinq ans, de 7 ans à 12 ans, l’enfant qu’était Mohamed Khalouat (Cheikh El Hasnaoui, NDLR), avait fréquenté plusieurs « écoles coraniques » à Tizi-Ouzou. Dans votre livre, vous écrivez : « Certaines sources disent qu’il en garde un mauvais souvenir, d’autres noterons qu’il était un très bon élèves (…) ». Pourquoi cette controverse, sachant qu’El-Hasnaoui est surtout connu par des chansons à forte connotation religieuse (Aqlaɣ nesbek, At Wakal Aberkan, Ccix ameqran…) ?

À l’époque où il est question, les « écoles coraniques » faisait office d’orphelinats, en clair, c’est le seul endroit où l’on peut avoir un gît et quelque chose à manger en dehors de la maison de ses parents.

Cheikh El Hasnaoui a été fortement marqué par ce passage certes, on serait même tenté de dire qu’un bon pont de sa personnalité y a été forgé, pour preuve les multiples références à Dieu dans les textes de ses chansons où il le glorifie à maintes reprises allant jusqu’à utiliser plusieurs qualificatifs dans un même vers : « Sidi Ṛebbi aɛziz lɛali ».

Ceci dit, plusieurs sources m’ont informé qu’il était incontestablement un bon élève, « son verset, il l’écrivais le matin et l’effaçais le soir » car il l’aura déjà appris. Mais ça peut arriver qu’on soit bon élève et ne pas aimer son lieu d’étude, son enseignant ou ses camarades et en garder de mauvais souvenir, ceci sans évoquer le revers de ces « institutions » afin d’éviter des polémiques en dehors de notre sujet principal !

Après l’« école coranique », Mohamed Khelouat descend vers Alger « pour gagner sa vie », mais visitait son village natal à plusieurs reprises. L’année 1936 a été une date charnière dans sa vie. Alors âgé de 26 ans, il décida de ne plus remettre les pieds au village. Quelle était, selon vous, la raison de cette rupture totale d’avec les siens ?

Il n’est pas facile de trancher sur cette question, ce qui est sûre, c’est que la situation intellectuelle et sociale ambiante que ce soit dans son village natal, au sein de son entourage et probablement même sur son lieu de résidence à Alger n’étaient guère à son goût, Cheikh El Hasnaoui était en avance sur son temps et voulait aller de l’avant ce qui n’était pas le cas de tout le monde.

C’est à cette époque qu’il partira enregistrer en France, une fois sur place, le bouleversement sera tel que le grand Maître sera édifié et sa personnalité s’accomplira au contact de ce nouveau monde. Quelques années plus tard, il fera la connaissance de Denise, qu’il ne tardera pas à épouser. À partir de là, même si il en faisait le vœux, il ne lui était plus facile, voir possible, de retourner au pays lui qui avait encore l’image du pays à son départ, si bien décrite, d’ailleurs, dans son éternelle chanson : « Maison blanche » !

Dans l’imaginaire populaire, El-Hasnaoui est resté « le chanteur de Faḍma », du nom d’une femme « qui lui était proche et dont on lui aurait refusé la main. » Pour de nombreux fans, c’était cette histoire d’amour impossible qui aurait poussé Mohamed à l’exil, d’où sa rupture totale avec les siens. Cette lecture a été d’ailleurs reprise par M. Rachid Mokhtari dans son livre « Cheikh El Hasnaoui : la voix de l’errance ». Mais, dans votre livre, vous épousez la thèse de M. Mehenna Mahfoufi suivant laquelle la chanson « Faḍma » était dédiée à la chanteuse Fatma-Zohra (suivant son propre témoignage) qui s’était liée d’amitié avec El-Hasnaoui. Faḍma ne serait-elle donc qu’un mythe ?

Justement, un grand Maître comme Cheikh El-Hasnaoui ne doit pas être, ou du moins resté confiné, comme étant « le chanteur de Faḍma » ! Son envergure est telle que cette « histoire » relèverait de l’anecdote ! M. Mahfoufi, qui affirme l’avoir interviewé à ce sujet, rapporte que le Maître lui aurait répondu par la « négative » à cette interprétation mais sans qu’il ne lui parle lui-même de Fatma-Zohra.

Mais, dans quelle mesure peut-on ou doit-on se fier aux témoignages de Cheikh El Hasnaoui et de Fatma-Zohra vu que leurs âges étaient, au moment des entretiens, assez avancés !

Qui de nous, au jour d’aujourd’hui, peut apporter la preuve de l’existence ou non de Faḍma ? Il nous reste les « déductions » et les « suppositions », le sujet reste ouvert à discussion et le « mythe de Faḍma » aura, certainement, et même malgré nous, de beaux jours devant lui !

Vous et les autres organisateurs du colloque avez été rendus destinataires, depuis l’île de la Réunion, d’une lettre de Denise Khelouat, veuve d’El-Hasnaoui. Contenue dans l’iconographie de votre livre, il y est écrit : « J’ai eu un époux formidable, nos 57 ans de vie commune furent un bonheur formidable et resteront à jamais gravés dans mes souvenirs pour l’éternité. », témoigne-t-elle. El-Hasnaoui s’est lié, en France, à Denise, depuis les années 1940. Malgré « un bonheur formidable », il n’a jamais composé une chanson en son honneur. Ceci, selon vous, « prouverait que l’usage des prénoms était fortuit chez El Hasnaoui ». Autrement dit, les prénoms Faḍma, Zahia, Ouardia et autres qui reviennent dans ses chansons ne représentent pas des personnes précises. Pensez-vous que cela suffit à expliquer entres autres le « mythe Faḍma » ?

Ceci ne peut pas à lui seul expliquer cela, mais ça pourrait être le cas. Le « mythe de Faḍma » accompagnera la mémoire de Cheikh El Hasnaoui, ce qui dérange dans cette histoire, c’est le fait que ça accapare les discussions autour du grand Maître alors que son œuvre (textes, paroles et musique) mérite d’être analysée et vulgarisée plus profondément, ceci ne veut pas dire que l’on ne doit pas se poser de questions sur la véracité de l’existence ou non de Faḍma et de leur « histoire d’amour ».

Ayant abordé ce sujet, je signalerai que si ce n’est l’aide précieuse que le couple KHEOULAT a reçu de la part de monsieur Franck Rober et de sa famille – qu’ils en soient remerciés –, ils auraient eu tout le mal du monde à vivre leurs vieux jours. Jusqu’à présent, c’est lui-même et sa famille, en véritable famille adoptive, qui s’occupe de la veuve de Cheikh El Hasnaoui qui reste sans de « véritables ressources ».

En 30 ans de vie artistique, Cheikh El Hasnaoui aurait enregistré exactement 74 chansons (37 en kabyle et 37 en arabe populaire), une moyenne de deux chansons par année. Par rapports à ses contemporains, comme Slimane Azem, El-Hasnaoui a très peu produit…


Dire que Cheikh El Hasnaoui a « très peu produit » est une exagération ! Si l’on parle de 74 chansons, il s’agit du contenu de son répertoire déposé à la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM/France).

Il faut comprendre, qu’à l’époque, l’essentiel de l’activité des chanteurs était faite de représentations dans des cafés ou dans les fêtes privés, l’édition quand à elle était secondaire ce qui fait que son œuvre n’ait pas été complètement éditée ni totalement déclarée à la SACEM.

En tout état de cause, le « peu » que Cheikh El Hasnaoui nous a laissés, si on peut le qualifier ainsi, est déjà d’une richesse, d’une authenticité et d’un degré de perfection inouïs.

Est-il vrai que Mohamed Khelouat a d’abord commencé à chanter en arabe populaire ?

Il n’est pas vrai d’affirmer que Cheikh El Hasnaoui « a d’abord commencé à chanter en Arabe populaire. » Le Maître a fait siennes les deux langues : le Kabyle depuis sa naissance et l’Arabe populaire depuis qu’il fréquenta les « écoles coraniques » et le « milieu algérois », sans complexe aucun, il excellait dans les deux langues.

Il serait « raisonnable » de penser qu’il a dû commencer la chanson en Kabyle, la langue avec laquelle « il fredonnait à la source de l’école coranique de Bouassem pour amuser les élèves du coin. »

Pour une meilleure compréhension de la chose, il ne faut surtout pas ramener la situation de l’époque, en matière de langues, à celle d’aujourd’hui, car les questions qui se posent de nos jours en la matière n’étaient pas perçues pareillement alors.

C’est à 60 ans (1970) que Cheikh El Hasnaoui a décidé de mettre fin à sa carrière artistique. Est-il encore possible de connaître ses motivations à ce sujet ?

Je ne pense pas qu’il a eu des « motivations » mais plutôt des « démotivations » ! Cheikh El Hasnaoui est d’une sensibilité tel qu’il pouvait ressentir les tourments ou ressentis d’une personne rien qu’en l’imaginant !

Le fait que le public de l’époque se « livrait de plus en plus à la consommation excessive d’alcool » et sa « dépréciation » de certaines « figures montantes » de la chanson kabyle d’alors, même si cela relève de l’anecdotique, y sont sûrement pour quelque chose.

Mais il est certain que son âge avancé et sa perpétuelle quête de « tranquillité » n’y sont pas étrangers aussi, ceci sans parler de ses multiples déceptions de ses « différents entourages » ceci exprimées dans certaines de ses chansons à l’image de « Ɛib ɛlikoum » (Honte à vous !).

Sept ans après sa disparition et quarante ans après la fin de sa carrière, que représente l’œuvre d’El-Hasnaoui pour la scène artiste actuelle ?

Indubitablement, les œuvres musicales de Cheikh El Hasnaoui sont et resterons de grandes références pour la chanson kabyle et la chanson « chaâbi », en général, une sorte de « canons esthétiques » !

En tout cas, si nous avions un jour à « introniser », malgré le fait que l’homme (Cheikh El Hasnaoui, NDLR) soit d’une humilité extraordinaire, un artiste comme étant notre « classique » dans ce genre, il n’y aurait pas meilleur « admissible » que lui et ce sur tous les plans : humain, musical et poétique !

Voir en ligne :
- Blog de Ajgu ABELQAS
- Site web et blog dédiés à Cheikh El Hasnaoui
- Groupe facebook « Centenaire de Cheikh El Hasnaoui »
- Groupe facebook « Fan de Cheikh El Hasnaoui »
- Site web et blog de l’Association Issegman

Entretien réalisé pour Kabyle.com
Questions : Dj. CHAFAA
Transcription : AJQAS

mercredi 16 septembre 2009

El Hasnaoui, le maître : Un bel hommage à l'artiste

Qu'on comprenne le kabyle ou pas, on a toujours écouté avec passion la voix douce de cheikh El Hasnaoui. Ce talentueux artiste esseulé, parti tôt en exil en France, puis en île de la Réunion où il est décédé le 6 juillet 2006 à St Pierre, a toujours été aimé par un grand public qu'il n'a rencontré que très rarement depuis son départ. Après un travail de deux années, Ajgu Abelqas a réuni 37 chansons de cheikh El Hasnaoui et les a traduites en français.

L'auteur du livre qui est revenu sur la vie du grand artiste a réussi non seulement à rassembler les textes du maître mais à les présenter en kabyle et les traduire en français afin que les admirateurs de cheikh El Hasnaoui puissent découvrir les beaux textes et les sujets qui touchaient le plus le chanteur.

A la fin du livre, on découvre de belles photos de cheikh El Hasnaoui, dont certaines de grande valeur, telle que celle prise aux côtés du maître du banjo Kaddour Echerchali.

On retrouve aussi des documents, notamment ses extraits de naissance et de décès et la lettre de remerciements de la veuve de cheikh El Hasnaoui, Mme Denise Khelouat, après l'organisation du colloque qui lui a été consacré il y a quelques mois.

On retient dans cette lettre le passage où la veuve de cheikh El Hasnaoui demande une aide afin qu'elle récupère les droits d'auteur de son mari. Les deux organismes concernés (Onda pour l'Algérie et Sacem pour la France) pourraient faire un geste, même au cas où les chansons seraient tombées dans le domaine public à cause de l'ancienneté. Il faut rappeler que le chanteur s'appelait réellement Mohammed Khelouat.

Un jardin public porte son nom à St Pierre

Dans ses recherches, l'auteur a découvert que le maître a déposé 37 chansons en arabe et 37 en kabyle auprès de la Sacem.

Dans le livre, on peut lire les textes des chansons en kabyle et leur traduction en français. Il aurait été souhaitable que les textes en arabe soient présentés dans leur version originale. Celui qui deviendra l'un des plus grands maîtres de la chanson kabyle et arabe était né le 23 juillet 1910 dans le village d’Ihesnaouen (d'où son pseudonyme) en Kabylie. Les anciens fredonnent toujours ses chansons Ma Djinich Ouaâlach et Ya Zahya.

Durant toute sa vie d'homme retiré, ce grand chanteur a créé le mythe autour de lui. Lors de son dernier retour à son village natal, il avait déclaré à un de ses amis : «Désormais, je vais vivre comme la fourmi ayant des ailes, là où ces ailes me déposent je resterai.»

En effet, après Paris, il ne supportera pas la grande ambiance et ira s'installer à Nice avant de s'installer définitivement à St Pierre en île de la Réunion en compagnie de son épouse Denise. Celle-ci a vécu avec lui 57 ans et déclare n'avoir jamais assisté à ses concerts.

Aujourd'hui, un jardin public porte son nom à St Pierre. On devrait rendre hommage à ce grand artiste en baptisant en son nom une institution culturelle. Mieux vaut tard que jamais.

B. S.

Journal "Le Temps d'Algérie" du 16 septembre 2009

dimanche 6 septembre 2009

"Ay At Wakal Aberkan" de Cheikh El Hasnaoui